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Afin de faire un état des lieux des initiatives des entreprises en faveur de la biodiversité, ekodev et Gondwana, la marque biodiversité du groupe Arp-Astrance, ont mené en juin 2018 une enquête auprès des professionnels en charge des sujets environnementaux. La restitution de l’enquête révèle que les entreprises prennent progressivement conscience des enjeux liés à la biodiversité.

La biodiversité, ou diversité biologique, représente la diversité des espèces présentes sur notre planète, la diversité génétique rendant chaque individu unique, ainsi que la diversité des écosystèmes. La biodiversité nous entoure en permanence. Elle nous fournit gratuitement des services que nous appelons services écosystémiques ou services rendus par la nature, grâce auxquels notre modèle fonctionne aujourd’hui.  

Or, tous les indicateurs scientifiques montrent que nous sommes entrés dans la 6e extinction de masse de la biodiversité, ce qui met en péril la pérennité même de notre société dans son fonctionnement actuel. Heureusement, une prise de conscience nécessaire de ces changements est à l’œuvre : un tournant est en train de s’opérer. De nombreux acteurs se mobilisent en faveur de la biodiversité et cela, à toutes les échelles. Ce mouvement s’accélère dans un contexte et un calendrier favorables : 

  • Le 10 juillet 2018, lancement de l'initiative « Act 4 Nature » pour mobiliser les entreprises en faveur de la biodiversité.
  • En 2019, le sommet du G7 qui se tiendra à Paris inscrira la protection de la biodiversité à son agenda.
  • En mai 2019, la France accueillera la 7e session plénière de l’IPBES (plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques) permettant d’approuver une évaluation de la biodiversité et des services écosystémiques qui servira de référence pour l’élaboration d’un futur cadre mondial pour la biodiversité.
  • En 2020, la France accueillera le Forum mondial de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), événement qui se tient tous les 4 ans.

À la veille de ces rendez-vous majeurs, l’objectif de cette enquête est de dresser un état des lieux des initiatives des entreprises françaises en matière de biodiversité.

Définition d'une typologie 

Selon leurs réponses et les actions qu’elles mettent en place, les entreprises ont pu être classées en trois catégories :

1. Les ragondins participent à l’érosion de la biodiversité et ne mettent pas en place d’actions pour limiter ou réduire leur impact négatif sur la biodiversité.
2. Les paresseux ne sont pas concernés par l’érosion de la biodiversité et / ou mettent en place quelques actions symboliques.
3. Les colibris participent à la lutte contre l’érosion de la biodiversité en mettant en place de nombreuses actions.

Résultats clés

Une prise de conscience certaine des
 entreprises sur les liens entre leur activité et la biodiversité

70% des entreprises interrogées ont conscience que leur activité possède des dépendances vis- à-vis de la biodiversité, et 80% ont conscience que leur activité possède un impact (positif et/ou négatif) sur la biodiversité. Ces résultats témoignent d’une prise de conscience progressive des liens étroits qui régissent les entreprises et la biodiversité. Par exemple, au niveau de leur environnement, 75% des sites des entreprises sont situés à moins de cinq kilomètres d’une Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. De plus, pour les entreprises, la biodiversité représente le capital naturel, sur lequel repose le processus de création de richesse (directement au niveau des matières premières ou au travers de leurs fournisseurs).

Une mobilisation insuffisante de ressources humaines dédiées à la biodiversité

Un quart des entreprises interrogées ont une personne dédiée à plein temps au sujet de la biodiversité. Un quart n’a aucune ressource travaillant sur ce sujet et la moitié a des ressources travaillant ponctuellement sur le sujet ou sur la base du volontariat. Ce résultat montre que peu de ressources sont mobilisées pour faire avancer le sujet de la biodiversité au cœur des organisations. Seulement 5% des métiers des répondants sont uniquement dédiés à la biodiversité.

Un accent sur les matières premières, le transport et les bureaux

Parmi les sources des impacts les plus mentionnés se trouvent les matières premières et leur approvisionnement, le transport des marchandises, les bureaux et les comportements des collaborateurs. Ce sont des pistes à emprunter pour modifier les pressions exercées par l’entreprise sur la biodiversité. Plus d’un tiers des entreprises interrogées ont cité « exercer des pressions au travers de leurs matières premières », « de leur transport », « de leurs bureaux et des comportements de leurs collaborateurs ».

Un engagement progressif pour conserver notre patrimoine naturel

70% des entreprises interrogées mettent en place des actions volontaires en faveur de la biodiversité. Ce résultat témoigne d’un engagement pris par les entreprises pour la conservation de notre patrimoine naturel. Les actions les plus plébiscitées par les entreprises sont :

  • Réalisation d’un diagnostic écologique de leur zone d’activité
  • Changement/optimisation des procédés

  • Mise en place d’une politique « zéro produit phytosanitaire »
  • Mise en place d’un plan d’action pour le climat
  • Éviter l’imperméabilisation des sols

Certaines thématiques sont délaissées et mal connues. Notamment, peu d’entreprises se sont mobilisées, en quantité, pour réduire la pression sur les ressources naturelles et l’introduction des espèces invasives.

Certains secteurs plus engagés que d’autres

Les secteurs les plus engagés en quantité d’entreprises et d’actions mises en place en faveur de la biodiversité sont le secteur industriel, le secteur de l’immobilier puis le secteur de la construction. Ce résultat est rassurant, compte tenu de leur impact fort et direct sur la biodiversité et en accord avec les réglementations existantes pour ces trois secteurs.

En résumé, nombreuses actions existent aujourd'hui pour contribuer positivement à la lutte contre l’érosion de la biodiversité. Bien que le niveau de maturité ait bien évolué en quelques années, il est nécessaire d'avoir une vision plus long terme. Ceci permettra de mieux comprendre l'effet "papillon" et faire le lien avec le changement climatique. Finalement, l'accompagnement "biodiversité" devient de plus en plus une stratégie favorable pour impliquer les parties prenantes des entreprises et valoriser leur image.

Pour en savoir plus, téléchargez ci-dessous la restitution complète de l’enquête

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